SORTIE en Lorraine du 5 au 19 juin 2017

Organisée par Martine et André

 

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LUNDI 5 juin : arrivée à PONT A MOUSSON

 

Il est environ 16 heures quand le dernier CC rejoint l’ensemble de l’équipage sur le parking que la municipalité a bien voulu mettre à notre disposition pour le stationnement de 20 CC pour 4 jours et 4 nuits.
    Les organisateurs aidés de Bernard, du Président et de quelques habitués nous accueillent et nous aident à nous positionner sur l’emplacement.
   Vers 19 heures, c’est le premier rassemblement pour la présentation du déroulement du séjour. 

André et Martine innovent en distribuant une fichette cartonnée verte, facile à glisser dans la poche ou dans le sac et qui sera très utile pour programmer le GPS et être prêts aux heures de départ vers les rendez-vous.

 

MARDI 6 JUIN : NANCY « la ville aux portes d’or »

 

Vers 8h45 nous nous dirigeons d’un pas sûr et allègre vers la gare de PAM, destination Nancy où nous débarquons après 20 minutes de roulage.
Un peu de marche, rue Gambetta et nous voilà au cœur de la ville, place Stanislas toute parée d’or, de ferronneries et de pierres ocre clair bien taillées, attendus par 2 charmantes guides qui nous guident dans le centre historique et son histoire .

   Construite au 18e siècle par la volonté de Stanislas LESZCZYNSKI – roi déchu de Pologne et beau-père de Louis XV- pour réunir la vieille ville et la neuve cette place s’étire sur 124 m de long et 106 m de large, son sol est couvert de pavés ocre clair avec des diagonales de pavés noirs concourant vers la statue du Duc de Lorraine, placée en son centre.

Les bâtiments d’architecture classique qui ceinturent la place, crées par l’architecte Emmanuel HERE ont un rez-de-chaussée  percé d’ouvertures en arcades et séparé du 1er étage par un bandeau mouluré. Les façades sont ornées de balcons et surmontées d’une balustrade servant de support à des sculptures. A droite en arrivant par la rue Gambetta, l’Hôtel de Ville occupe tout le côté sud sur 98 m. Cette bâtisse porte sur son fronton les armes de Stanislas et les armoiries de la ville, l’horloge centrale est encadrée des statues symboles de la justice et de la prudence, plus bas, une jeune fille porte le chardon emblème de la ville ; « qui s’y frotte s’y pique »Sur le côté droit, à l’est : l’hôtel de la reine et le pavillon qui abrite l’opéra national de Lorraine. A gauche : , le pavillon jacquet  et le Musée des Beaux Arts. Les 2 pavillons, en face de la mairie, appelés « basses faces » sont moins hauts ce qui ouvre la perspective sur l’Arc de Triomphe de HERE et la place de la Carrière.

Les 2 fontaines symétriques, reliant les pavillons hauts aux bâtiments « basses faces », s’étalent sur 15 m de cintre et 10 m de haut. Elles représentent Neptune à gauche et Amphitrite à droite 

Six grilles dues à Jean  LAMOUR, en fer battu avec motifs dorés à l’or fin forment des sortes de portes (à droite et à gauche de l’Hôtel de ville)  ou de simples panneaux (entre les pavillons et sur les fontaines) qui valent à Nancy le surnom de « ville aux portes d’or)

En petits groupes, le déjeuner de midi est pris dans divers restaurants de la ville et l’après-midi libre jusqu’à 18 heures nous amène au parc de la pépinière situé à droite de la fontaine d’Amphitrite, le long de la place de la Carrière. Il s’étend su 22 ha, aménagés en 16 carrés aux allées rectilignes qui se partagent en : une roseraie, des aires de jeux pour les enfants, des manèges, des terrains de sport… des espaces de présentation des animaux et bien entendu  une pépinière d’ormes, de marronniers d’inde, de chênes… par milliers.

Le petit train en amène certains dans les rues et les ruelles de la vieille ville.

 

MERCREDI 7 JUIN :   MUSEE de PAM et  FABRIQUE DE BIERES DE LORRAINE

 

9H45 nous partons pour une visite inoubliable : le Musée « au fil du papier »

Crée en 1999, dans l’Hôtel de la Monnaie, le rez-de chaussée est consacré à l’histoire de la ville autour du pont qui en est son symbole et de son université qui pendant 2 siècles contribuera à son rayonnement. Divers objets d’art sont exposés :

Vierge du Pont, protectrice des passagers ; Vierge des «  escholiers »  réalisée par les étudiants pour qu’elle les épargne de la peste en 1631 - Plusieurs maquettes et dessins du pont - Portrait en pied et derniers moments du Maréchal DUROC, ami de l’empereur Napoléon

Au 1er étage et sur une partie du second se trouve le papier mâché : technique de production, divers objets et mobiliers d’art richement décorés (en partie réalisés  sous la direction de la famille ADT qui s’installe ici après 1871) tels que garnitures fumeurs, plateaux, corbeilles, diverses boites (à coudre, à thé, à chapeaux, à faux cols) chaises, guéridons et même un splendide buffet qui accompagne le salon de la reine Victoria.

Une salle à ce même niveau est dédiée à la fonderie de PAM

Au 2e étage, une dernière salle est consacrée à l’imagerie populaire, riche, diverse et soignée. Sont illustrés les fastes du Second empire, les hostilités allemandes, des portraits de soldats, les expéditions coloniales de la France, diverses pérégrinations dans les Vosges, stations de Chemin de Fer… L’imagerie enfantine est la plus nombreuse avec les Fables de La Fontaine, divers contes et légendes, galeries de rois et reines…

Vers 15 heures, après le repas en CC et une petite sieste, pour certains, nous repartons vers 15 heures pour nous rendre un peu plus au Nord, bien au-delà de la place Duroc, à la Brasserie Artisanale de Lorraine, où après un exposé des techniques de production dans les ateliers nous avons eu droit à une dégustation.

Sortent de cette fabrique selon , leur teneur en alcool - 4.5 ;4.6 ;5 ;6 ;7 ; ou 8% d’alcool- selon leur coloration     – blonde , blanche, ambrée, rouge ou brune – selon leur arome – bergamote, framboise ou mirabelle – selon la saison – printemps ou hiver – 13 types de bières différentes. On produit aussi de la limonade et un soda.

Quelle que soit la sorte, les constituants sont les mêmes : eau de bonne qualité, malt le plus souvent de l’orge germé caramélisé pour la couleur de la robe, houblon pour l’amertume et l’arôme, levures pour la fermentation alcoolique, le goût le parfum et puis des compléments tels que glucose, saccharose, parfums, épices.
La bière est conditionnée en fûts ou en bouteilles.

A la fin de la visite nous passons par le magasin où à lieu la dégustation. On a trouvé la bière bien bonne ma foi !

Nos bras ne pouvant rapatrier les commandes jusqu’au point de stationnement des CC, c’est Francis qui s’est proposé pour aller chercher les commandes et faire la livraison.

Je ne vous ai pas dit qu’auparavant, quelques dames, pas toujours accompagnées de leur conjoint, ont fait une halte à l’usine de bonbons, je crois qu’elles voulaient goûter les bonbons à la bergamote !!!

 

JEUDI 8 JUIN / METZ L’IMPERIALE

 

A l’heure du petit déjeuner, Dédé met l’ambiance avec « l’Amant de St Jean » accompagné de son petit orgue de Barbarie.

Dès 9 heures, nous partons gaiment à pied  jusqu’à la station de chemin de fer. C’est presque un enchantement de partir en  train dans un wagon qui nous est réservé et à 9h58, précises, nous arrivons dans cette majestueuse gare de Metz Ville, attendus sur le parvis,  place Charles de Gaulle par 2 jeunes guides pour une visite de 2 heures qui commence par un peu d’histoire de la ville.

Le nom de la ville remonte à l’époque Gallo-Romaine,  Mediomatrix avant le 5e siècle,  Mettiss au 8e s,  Mèzau 13e et METZ à partir du 17e s.

La ville et sa région sont ballotées entre la France et l’Allemagne .Annexion par l’Allemagne de 1871 à 1918. C’est au cours de cette période que la ville  s’étend et s’embellit, se libère de ses remparts et gagne de larges avenues bordées de riches hôtels particuliers ; l’Allemagne veut marquer son influence. Retour à la France de 1918 à 1940, reprise par les allemands de 1940 à 1944 et enfin définitivement inscrite dans la nation française en novembre 1944. Ces bouleversements expliquent son architecture et la vocation de ses constructions.

Quelques incontournables : La gare de Metz Ville, longue de plus de 300 m et dont la tour de l’horloge qui s’élève à 40 m est édifiée entre 1905 et 1908 dans un style néo-roman rhénan. Sa fonction première  est militaire et doit répondre à un impératif stratégique de l’empire allemand dans l’éventualité d’une guerre avec la France (Capacité : 20 000 hommes par jour). La tour qui se dresse à l’extrémité gauche est un château d’eau pour l’alimentation des machines à vapeur. Elue en 2017 « Plus belle gare de France »

La Cathédrale Saint Etienne construite entre 1220 et 1520, sa voûte centrale s’élève à 41 m de haut. Avec 6 500 m² de vitraux elle est surnommée «  La lanterne du Bon Dieu ». Certains vitraux sont l’œuvre de  Marc Chagall  (création du monde, exode…)

Le centre Pompidou-Metz, visite libre l’après midi, situé derrière la gare est un espace dédié à la création contemporaine dans un impressionnant bâtiment dont le toit rappelle un chapeau chinois. Sa flèche haute de 77 m est un clin d’œil à l’année d’ouverture du centre Pompidou-Paris (1977)

Les parcs et jardins. Avec 580 ha d’espaces verts, Metz offre 45 m² de jardin par habitant et plus de 50 km de promenade. On peut citer le jardin Jean-Marie PELT à proximité du centre Pompidou, parc écologique de 20 ha comporte des bassins avec des roselières de nombreuses espèces en rapport avec les productions locales : houblon, vignes, mirabelliers entrecoupés de graminées et autres espèces herbacées.

 

 

VENDREDI 9 JUIN : LES PREMONTRES ET LE CENTRE VILLE

 

La pluie ne vient pas stopper notre marche le long de la Moselle en direction de l’Abbaye des Prémontrés où notre guide nous attend à 10 heures.

Ce vaste bâtiment du 18e s, situé dans le quartier Saint Martin, en bordure de la Moselle, s’étend avec ses jardins sur 2.5 ha.  Nous avons pu admirer son abbatiale  Sainte Marie Majeure qui se démarque des abbayes habituellement visitées par la présence de 3 escaliers originaux : Le petit rond, le grand carré éclairé par un lustre en cristal Saint Louis qui ne mène nulle part et l’ovale dit de l’Atlante et puis, autre particularité : son cloître bordé de 3 galeries vitrées  entourant un jardin de senteurs. Nous avons suivi  le guide jusque dans les salles historiques telles la grande sacristie, le réfectoire des moines et le chauffoir, seule pièce chauffée par une cheminée sur le manteau de laquelle trône un phénix renaissant de ses cendres.                                     Partiellement détruite par un incendie en 1771, reconstruite par les moines qui seront expulsés 20 ans plus tard. Au 19 e siècle elle abrite le petit séminaire diocésain, sert d’hôpital entre 1912 et 1944, année où elle sera détruite par les américains. Reprise par la région, elle est reconstruite entre 1957 et 1974 et devient un centre culturel et de rencontres avec une hôtellerie de 71 chambres.

L’église halle du cloître, ainsi appelée parce que sa nef centrale et les 2  transepts latéraux (c’est-à-dire les 3 vaisseaux) s’élèvent à la même hauteur .Elle est éclairée par de hautes baies vitrées. Désacralisée, elle sert de salle  réception, de spectacle ou de conférence s’adaptant à la demande grâce à son  plancher modulable.

L’église Saint-Martin construite à partir du 13e s, se caractérise par 2 grandes tours octogonales richement travaillées dans la partie haute, le soubassement est plus sobre tout comme l’est la nef centrale à l’intérieur. Elle abrite une œuvre d’art majeure du 15e s : la mise au tombeau composée de 13 personnages.

A l’issue de la visite, c’est en centre ville au restaurant Bouch’on d’Pont que nous nous posons  90 minutes pour savourer un repas assez original.
A 14 h, la visite de la ville, avec le même guide débute par un peu d’histoire.

Le nom de la ville traduit son origine : un pont construit en bas de la forteresse de Mousson, berceau des comtes de Bar.

Ville universitaire, dès le 17e s, à rayonnement européen (environ 2 000 étudiants). La gestion des 4 facultés est confiée aux jésuites (art, théologie, droit et médecine), l’enseignement est assuré par des laïcs. Au 18e s Louis XV transfère l’université à Nancy, ce qui n’est pas sans conséquences sur le plan économique. La ville va rebondir au 19e s avec la découverte du minerai de fer et la création des hauts  fourneaux et fonderies de PAM.

Nous allons jusqu’à l’église Saint Laurent où martine et André se sont mariés. A l’intérieur, on peut admirer un tryptique en bois polychrome du 16e s et  dans une chapelle, sur la gauche, une statue du Christ portant sa croix de Ligier Richier.

De retour sur la place Duroc, exceptionnelle avec son plan triangulaire et ses côtés bordés de maisons à arcades. Parmi les belles maisons du 16 e s : la maison des 7 péchés capitaux, où séjournaient les ducs de Lorraine. Au centre, la fontaine perpétue le souvenir des ambulanciers américains de la 1ère guerre mondiale.

Quelle belle journée. Que de pas.

 

 

 

SAMEDI 10 JUIN : LA VIE A LA CAMPAGNE

Nuit calme sur le champ de foire de NOVIANT. A 9 heures, le boulanger klaxonne et surprise, il a aussi des viennoiseries et de beaux fruits dans son camion.

A 10 h nous faisons 300 m pour nous rendre à « La Rouase »  siège de l’exploitation de François, le fils de Martine et André. C’est une exploitation de polyculture-élevage de 300 ha, avec un atelier d’engraissement de  bovins viande, gérée par 2 associés en GAEC et un salarié. Les surfaces, hors bois, sont implantées en maïs ensilage, colza, blé tendre, tournesol et luzerne essentiellement pour l’alimentation du troupeau de jeunes bovins et pour la vente.

L’atelier d’engraissement est constitué de 470 bovins de races à viande (Limousine, Charolaise, Blonde d’Aquitaine et quelques Aubrac) répartis en boxes d’une vingtaine de têtes, en fonction de leur poids et de leur âge moyen. La durée de l’engraissement est de 16 mois, ils entrent à 8 mois, après le sevrage et une période d’adaptation en lots dans le centre d’allotement de la coopérative et repartent à 700 kg, vers l’âge de2 ans.

Leur ration journalière complète,  réalisée à la mélangeuse, est constituée de maïs ensilage et de luzerne auxquels il ajoute du tourteau de colza, de l’orge aplati, des drèches de maïs, de la pomme de terre et un complément minéral vitaminisé. Cette ration permet une croissance journalière de l’ordre de 1 à 1.5 kg. Ces jeunes bovins bénéficient du label « Lorraine Qualité Viande » puisqu’ils sont élevés et abattus dans la région et que plus de 80% de leur alimentation est produite sur l’exploitation.

Le matériel présent sur l’exploitation est imposant par son importance,  par ses dimensions et par sa puissance motrice. Il est adapté à la structure, au relief et à la dimension des parcelles. Tout au long de la visite les questions ont fusé sur la charge de travail, les mises aux normes, la méthanisation… prouvant que la visite a été très intéressante.

L’après-midi, un groupe important a souhaité, à l’invitation des organisateurs, se rendre, à vélo ou en CC, au village  de Ramenauville détruit pendant la 1ere guerre mondiale et non reconstruit. Il restera sous occupation allemande d’avril 1915 à septembre 1918 et servira de camp de retranchement aux ennemis, comme d’autres villages situés  autour de Saint Mihiel. Une signalisation indique l’emplacement des habitations avec le statut social des habitants, un panneau présente le village avant destruction et une chapelle commémorative a été érigée à l’emplacement de l’église du village.

En soirée, les maires de Noviant Pres Monsieur François MANSION, de Pont A Mousson  Monsieur Henry LEMOINE  et de Vannes  Le Châtel Madame Nathalie HAMEAU-KINDERSTUTH  nous ont fait l’honneur de nous présenter leur territoire et de partager l’apéritif avec nous malgré leurs contraintes de jour d’élection législative.

 

DIMANCHE 11 JUIN

 

C’est la Compagnie des Verriers qui nous accueille, rue de la liberté à Vannes Le Châtel pour nous faire découvrir le travail du verre dans la grande tradition,  partager son savoir- faire et nous laisser regarder à loisir les différentes productions.

Pourquoi du verre à VLC ? Depuis plusieurs siècles VLC et ses alentours ont vécu du travail du verre parce qu’on trouve ici tous les éléments nécessaires à sa production : fougères, forêts, carrières de calcaire, main d’œuvre cours d’eau et surtout un savoir faire…C’est pourquoi la Loraine est un pays de tradition du verre.

Dès le 17e siècle on produit des pièces plus ou moins précieuses (miroirs vitraux)  et au début du 18 e s c’est ici qu’on met au point le verre émaillé de couleur, c’est le verre plat qui fera la renommée de la province. Les verreries et les cristalleries  se développent beaucoup sous le règne de Louis XV. C’est dans cette région qu’on trouve les cristalleries de renommée mondiale : Baccarat, Lalique, Baum, Saint Louis,  Meisenthal, Lemberg… il est logique que soit crée  ici en 2013, au cœur du patrimoine lorrain des métiers d’art,  la Compagnie des Maîtres Verriers et la Maison des Arts Verriers ;

Nous sommes accueillis dans un hall où trônent 4 « totems », tubes en verre colorés représentant les 4 éléments : vert pour la nature, blanc pour l’air, rouge pour le feu et bleu pour l’eau, 4 des éléments nécessaires à la production du verre.

Après un exposé vidéo sur les techniques de fabrication notre guide nous présente les outils du verrier :

Le banc avec sa canne, la mouillette : journal humide (qui ne brûle pas), ciseaux et différents moules, puis nous invite à assister à une démonstration de création d’un verre, 3 d’entre nous ont même expérimenté l’art du « soufflé » à l’aide de la canne.

La visite se termine par le hall d’exposition des objets confectionnés par les apprentis verriers pour leur épreuve d’examen et le hall d’exposition des produits manufacturés par les maîtres verriers. Nous avons apprécié la diversité, la finesse et l’originalité des horloges, des arts de la table, des bijoux et des objets de décoration.

Ce soir c’est en bordure d’un lac que nous nous poserons et pour 2 jours.

 

LUNDI 12 JUIN :  AU BORD DU LAC DE MADINE

 

C’est un beau soleil qui nous accueille au réveil.
Aujourd’hui est une journée sans activité programmée propice au farniente. C’est bien de pouvoir se prélasser à mi chemin du périple lorrain.

A midi c’est une grande tablée qui s’installe à l’orée du bois  bornant l’espace qui nous est réservé.

L’après-midi est occupé à la lecture, aux ballades en bordure du lac jusqu’au petit village, certains se laissent emporter par une bonne sieste, on bavarde en petits groupes informels avant de prendre le repas tous ensemble, autour d’une tablée disposée en rond entre les 2 dernières rangées de CC parce que c’est le seul endroit à l’ombre, à 19 h, il fait encore chaud.

Au cœur du parc Naturel Régional de Lorraine, 19 km à l’ouest de PAM, le lac de Madine  (1 100 ha, 20 km de tour, 250 ha de forêts et 35 millions de m3) permet la pratique de multiples activités sportives et de pêche, ouvre un espace culturel (librairie libre, expositions) propose des produits locaux et de la restauration, les fins de semaine et en haute saison. On peut observer à loisir les oiseaux des prairies, des roselières, des étangs et des forêts.

 

MARDI 13 JUIN  : MADINE ET COMMERCY

 

Et une chaude journée de plus.

Dès 9 h, un groupe à vélo et 2 CC partent en direction de la Butte de Montsec à 375 m d’altitude où se trouve le monument commémorant les offensives menées par l’armée américaine au Saillant de Saint Mihiel lors de la 1ere Guerre Mondiale en septembre et novembre 1918.

Une allée et un escalier monumental mènent à la rotonde à ciel ouvert, composée de colonnes cannelée supportant un fronton sur lequel sont gravés les noms des localités libérées. En son centre une table d’orientation en bronze reproduit, en relief, l’emplacement des villages et localise les combats du Saillant de Saint Mihiel depuis Eparges à l’ouest jusqu’à Pont A Mousson à l’est. La rotonde ouvre un large  panorama sur les côtes de la Meuse et le lac de Madine.

Un brin touchés, le lieu inspire le respect, les équipages retournent au campement.

Vers 17 heures, à intervalles de 15 minutes, les 4 convois de 5 CC prennent la direction de Commercy. Nous dormirons sur le parking de la fabrique de madeleines après avoir fait le plein du garde à manger et du réservoir à l’Intermarché juste avant d’arriver.

 

MERCREDI 14 JUIN : QUELQUES MADELEINES AVANT DE PLONGER DANS L’HISTOIRE

 

C’est à 9h30 qu’on nous invite à entrer dans l’atelier de fabrication des madeleines de Commercy. Cette fabrique n’était en 1951 qu’une petite boutique familiale en ville tenue par les 2 grands parents des gérants actuels. Aujourd’hui l’atelier produit 10 000 madeleines par jour soit 100 tonnes par an et emploie 7 personnes.

Pourquoi des madeleines à Commercy ?

Sa création est, comme pour bien des préparations culinaires, le fruit du hasard. On dit que le roi Stanislas –nous en avons parlé à Nancy- invitait souvent de nombreux amis pour festoyer au château de Commercy, propriété de son gendre Louis XV. Un jour sa pâtissière malade est remplacée par une petite aide qui confectionne une pâte à base de farine, de sucre, de miel ambré, et de sel de Guérande qu’elle met dans des coquilles saint jacques en guise de moule. Le petit gâteau fit sensation  et le roi décida que cette gourmandise porterait le nom de la jeune fille : Madeleine.

Aujourd’hui les ingrédients sont les mêmes, on y ajoute de la levure, du sorbitol et pour diversifier la production, différents parfums : chocolat noir ou blanc ou au lait, noisettes, citron et même une mirabelle. Pour que la madeleine forme la « boudotte » il faut la cuire 11 min à 190°C puis éteindre et laisser refroidir dans le four.

A la fin de la visite nous avons eu droit à une petite collation fort appréciée (2 madeleines et une boisson chaude ou froide) avant le départ sur les hauteurs d’Apremont La Forêt.

Entre 11h et 11h30 nous sommes sur le site de « Croix des brûlés » et « Champ des Redoutes », rangés les uns derrière les autres de part et d’autre du chemin d’accès à ces 2 sites.

Ces lieux font partie du secteur de Saint Mihiel occupé par les allemands entre 14 et 18.  De ces 4 années de face à face acharné subsiste tout un archipel de vestiges que les « acteurs locaux du souvenir » ont récemment sorti de l’oubli.

A Bois Brûlés ce sont 2 tranchées distantes d’à peine 30 m qui se font face, de conception différente.

  • Du côté allemand, la tranchée est un véritable ouvrage de fortification, aux parois bétonnées et équipées pour la guerre de position : créneaux d’observation, banquettes de tir, niches à munitions, tracé irrégulier et sinueux, abris creusés dans la roche…
  • La tranchée française n’est pas prévue pour durer. Les parois de terre et de bois avec des assemblages de sacs de terre, de madriers et sur le devant : des piquets, des fils de fer, des queues de cochon. C’est ici que fut mis au point un des premiers systèmes d’écoute des communications téléphoniques allemandes.

La Croix des Redoutes fut dressée en 1925. Une plaque nous rappelle qu’ici en Août 1915 l’adjudant PERICARD lança : « Debout les morts » qui galvanisa les hommes et permit de repousser un assaut allemand.

C’est là que vers 15 heures, André accompagné de son orgue de barbarie a souhaité chanter « Nuit et Brouillard » en hommage à tous ces combattants qui ont sacrifié leur vie pour notre liberté. Moment très émouvant pour les participants.

Nous quittons ce lieu chargé d’émotion pour  nous ranger soigneusement et méthodiquement sur le parking de L’Ouvrage de la Falouse.

 

JEUDI 15 JUIN : FORTIFICATION DE LA FALOUSE

 

Un des membres de l’Association des Passionnés de la Guerre 14-18 nous invite à 9h30 à une présentation de l’ouvrage : son plan, son rôle, puis nous laisse tout loisir de visiter l’intérieur et les abords immédiats à notre rythme, restant à notre disposition pour des informations ou des explications complémentaires.

Après le repas de midi en petits groupes éparpillés sur le parking ou dans le pré à l’ombre des quelques feuillus c’est vers la ville de Verdun que nous nous aventurons à intervalles de 10 minutes. Le parking du Leclerc nous accueille pour » le vide et les pleins ».
Tous ensemble nous montons jusqu’au Palais Episcopal, somptueuse résidence des évêques de la ville construite au 18e s. On accède au bâtiment principal par une cour d’honneur en demi-cercle.

Depuis une vingtaine d’années (1999) c’est un pôle mémoriel d’excellence (14-18 et franco-allemand), un lieu d’exposition, un espace de rencontres et d’échanges et le Centre Mondial de la Paix, des Liberté et des Droits de l’Homme.

La pluie jusque là menaçante s’exprime par petites touches et nous amène à nous replier sur la Cathédrale « ND de VERDUN » qui date du 10e s. C’est la plus ancienne de Lorraine. Elle rassemble plusieurs styles architecturaux (Roman-rhénan : avec 4 tours, gothique et baroque). C’est au 18 e s que fut construit le cloître accolé à son flanc droit.

 Après  cette visite libre, le groupe éparpillé se répand dans le bas de la ville, riche de monuments. Celui de la victoire se trouve centre ville. Qui a gravi les 73 marches de l’escalier qui conduit à une crypte où se trouvent les répertoires des noms des soldats titulaires de la médaille de Verdun ? Au sommet, un guerrier appuyé sur son épée regarde vers l’Est, perché à 30 m de haut.

En fin d’après midi nous nous éloignons du centre pour aller dormir sur le parking de la fabrique de dragées « BRAQUIER »

 

VENDREDI 16 JUIN : LES DRAGEES BRAQUIER ET LE CAMPING « SOUSMOULIN » à CHERNY

 

Créée en 1783 par un apothicaire qui voulait conserver ses amandes, les enroba de sirop de sucre et leur donna le nom d’ « épices de bouche »,  sensées être bonnes pour l’appareil digestif et améliorer la fertilité. D’aspect un peu rugueux et irrégulier, ces préparations ne prendront le nom de dragées qu’après plusieurs enrobages de sucre qui les rendent lisses.

Ici les amandes proviennent de Sicile (Variété ovala) ou d’Alicante, au sud de l’Espagne  parce qu’elles sont calibrées et de forme régulière.

L’obtention d’une dragée nécessite le passage dans divers ateliers

  • Tri selon la forme, les irrégularités  ou les cassures
  • Gommage = imperméabilisation de l’amande
  • Grossissage = répartition régulière de différentes couches de sucre pour un aspect lisse
  • Perlage des pralines pour un aspect grumeleux
  • Séchage
  • Finition avec colorant, chocolat …

15 salariés produisent 40 tonnes de sucreries par an qui sont exportées dans presque tous les pays du monde

  • dragées aux amandes de différentes couleurs
  • dragées chocolat, or, argent
  • pralines, nougatines et gâtines =nougatine en forme de dragée
  • autres spécialités festives : bombes, boîtes garnies.
    La visite se termine par quelques achats, de quoi faire un petit cadeau aux parents ou voisins

Avant midi nous arrivons au camping de Charny sur Meuse où nous goûtons au charme d’une verte prairie, bercés par le murmure de l’eau de la Meuse. L’après-midi est relax. Une partie de pétanque s’organise, quelques uns partent faire un tour jusqu’au Fort de Vaux.

Le soir nous ramenons tous nos tables, nos chaises et nos couverts sur le passage gravillonné entre les 2 rangées de CC pour un repas convivial.
La soirée se termine en chansons. Des chœurs de « moines » et de « moniales » se forment. Aidés des paroliers qu’André et Martine ont bien voulu mettre à notre disposition. Et joyeusement entraînés par les notes s’échappant de l’orgue de barbarie nous entonnons l’une ou l’autre des quelques 120 chansons du répertoire. Ce n’est que vers 11 h ou plus que nous nous décidons à rapatrier nos biens vers notre bercail.

NB : Les « moines » ont un faible pour la chanson : Je vole, mes chers parents je vole… »

 

SAMEDI 17 JUIN : OSSUAIRE DE DOUAUMONT

 

Il est 10h30 quand le dernier CC se s’arrête soigneusement collé-serré sur le parking de l’ossuaire de Douaumont. En cette fin de matinée nos pas se dirigent vers la tranchée des baïonnettes  située  500 m en contrebas, monument dédié aux 57 hommes qui se préparant à un assaut auraient été enterrés vivants par l’explosion d’un obus. En remontant nous passons  par la nécropole nationale qui regroupe 16 142 tombes de soldats français ou allemands majoritairement catholiques, dont un carré de 592 stèles de soldats musulmans. Sur chaque tombe un petit rosier rouge vif et de part et d’autre du cimetière  2 mémoriaux consacrés aux soldats de confession juive ou musulmane.

La visite du mémorial commence à 14 h par un film retraçant, à l’aide de documents d’époque, les horreurs de la dernière guerre, puis chacun, selon son ressenti et son rythme,

-  soit gravit les  203 marches de la tour pour jouir d’un panorama à 360° sur le champ de bataille de Verdun

- soit déambule en silence dans le long cloître bordé, sur les cotés, de sarcophages en granit rose représentant les différents secteurs du champ de bataille et à chaque extrémité, d’un bouclier, qui entretient la flamme du souvenir les jours de cérémonies. Les pierres de construction des murs intérieurs  portent le nom de familles ou d’associations qui ont financé la construction.

- et s’arrête un instant dans la chapelle aux vitraux évocateurs : offrandes des épouses et des mères, infirmières, brancardiers. C’est ici que repose Mgr GINISTY, évêque de Verdun (originaire de Rodez) qui est à l’origine de la collecte des ossements éparpillés dans la campagne.

A l’extérieur , la façade principale est sobre, seulement décorée des armoiries des villes qui ont contribué à l’édification du monument (Pamiers, Toulouse, St Affrique, Rodez, Montauban, Albi,…).La tour centrale, haute de 46m, terminée par la lanterne des morts éclairant le champ de bataille  porte une cloche de bronze de 2 042 kg dont on peut voir la réplique  au 1/20 e  en 4 exemplaires dans la chapelle.

Dans la partie inférieure ont été aménagées des lucarnes permettant de voir les restes de 130 000 soldats français et allemands déposés dans 1 200 m3 de fosses.

C’est à partir de 18 heures que commence l’échelonnement des départs vers Haudainville à la sortie Sud-Est de Verdun pour assister au spectacle nocturne : « des flammes …à la lumière ».

250 acteurs dans 70 tableaux évocateurs des périodes d’avant, pendant et après la guerre de 14-18.

 2 heures de spectacle grandiose qu’il fallait voir. La nuit est douce, nous nous couchons après 1 h du matin.

 

 

 

DIMANCHE 18 JUIN : L’OUVRAGE DE FERMONT

 

Entre 11 h et 15h nous prenons le temps de nous poser sur le parking de l’ouvrage de Fermont, c’est le dernier jour de la virée en pays lorrain et tous ont envie de prolonger l’aventure (en poussant jusqu’au Luxembourg tout proche) mais tous ne le pourront pas, ayant des obligations de diverses natures.

Confié à l’Association des « Amis de l’Ouvrage de Fermont et de la Ligne Maginot » qui se charge de l’entretien et des visites, cet ouvrage portant l’indicatif A2 est sur la ligne principale de résistance.
La visite est un périple de 2 heures, partie en sous-sol, partie en surface au milieu des blocs de combat dont les abords portent les stigmates des combats de 1940. Nous descendons à plus de 30 m sous terre dans le monte charge de l’entrée des munitions à l’est (l’autre entrée est celle des hommes à l’ouest) passons devant un magasin à munitions aménagé avec des wagonnets des casiers à obus et quelques mannequins puis nous nous arrêtons devant le plan général qui montre la constitution :

  • en surface : 2 blocs d’entrée et 7 blocs de combat
  • en souterrain : une caserne avec les équipements nécessaires à son fonctionnement, reliés par 10 km de galeries

Un train électrique à un voie nous amène jusqu’aux blocs de combat dont l’accès aux chambres de tir = casemate, se fait en monte charge. Dans cette casemate un lance obus est mis en scène avec des mannequins.
De là, nous sortons à l’extérieur pour bien voir les tourelles de blocs de combats.

De retour à l’intérieur, à pied ou en train nous parcourrons les allées de la caserne depuis les chambrées, la cuisine et arrière cuisine avec éplucheuse de pommes de terre, four à pain électrique, les réserves de denrées alimentaires  ou d’eau, les caves , les postes de secours ou de commandement, l’ infirmerie, les installations de ventilation et de filtrage de l’air, l’ usine électrique avec 4 groupes électrogènes, l’atelier de mécanique …

La visite se termine avec le musée extérieur qui présente l’essentiel des matériels utilisés sur la Ligne Maginot

C’est tellement intéressant et surprenant, le guide tellement passionnant que nous ne voyons pas le temps passer. L’envie nous prend de relire les pages d’histoire que nous avons eu du mal à apprendre et à retenir quand nous étions jeunes élèves.

 

                                                       Rédaction : Anne Marie J.

 Photos : Michel P. (d'autres photos pourront être rajoutées à la demande des participants)

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